Intro à la formation ‘Aliénation parentale’? Comprendre le contexte pour agir

‘Aliénation Parentale ?’ Comprendre le contexte pour agir

Une formation de trois jours avec Olivier Limet

 

Vous êtes professionnellement amenés à connaître des situations qualifiées ou suspectées d’« aliénation parentale » ?

Vous vous sentez démunis, et peu satisfaits des réponses proposées ?

Vous aimeriez une compréhension plus contextuelle du phénomène et des manières possibles d’agir ?

Alors, cette formation est peut-être pour vous !

 

Une maman m’explique en quoi la décision prise avec son ex-mari de mettre en place un « hébergement égalitaire » pour leur petite fille de 4 ans est selon eux la bonne décision : l’enfant a besoin de deux parents, et le mieux pour l’enfant, si les conditions matérielles le permettent, est d’être autant auprès d’un parent que de l’autre … Et tout au long de ce qu’elle m’explique, la maman déglutit. Elle m’explique aussi que malgré que la décision est sûrement la meilleure pour les besoins de l’enfant, elle constate que sa petite fille ne va pas très bien. Elle a mal au ventre quand est venu le moment de partir chez Papa, … Je dis à cette maman qu’elle parle de l’hébergement égalitaire avec beaucoup de conviction et d’arguments forts … et lui demande comment elle se sent, par rapport à ce qu’ils ont mis en place … Et la maman s’écroule, en larmes, et pleure, et pleure encore, et me dit en quoi (alors qu’elle se dit convaincue du bienfondé des arrangements pris, et convaincue du fait que son ex-mari est un chouette papa) elle s’inquiète pour sa petite fille qui est parfois malade, fait des cauchemars, et en quoi c’est pour elle insupportable de voir partir sa petite pour une semaine, tous les 15 jours … Le papa a beau être un super-papa, il ne sent quand même pas les choses comme elle, explique-t-elle. Pour elle, le départ de sa fille chez son papa pour une semaine, c’est chaque fois comme une insurmontable déchirure, et peut-être pour a sa fille aussi, pense-t-elle.

Cet exemple, qui n’a pas ici pour finalité de débattre des modalités d’hébergement, et de leurs effets positifs ou négatifs sur l’enfant et / ou sur les parents, permet de mettre le doigt sur le fait qu’un telle situation aurait pu dégénérer, et au bout de quelques mois seulement, faire l’objet d’un long et âpre combat fait d’argumentations à propos des « meilleurs » modes de « garde », et sur les manquements ou dysfonctionnements de l’un ou l’autre parent, qui mèneraient notamment à ce que l’enfant devienne malade, ou devienne le porte-parole d’un parent, et éventuellement commence à dénigrer l’autre parent … En quelques mois seulement, cette situation aurait pu être qualifiée, critères à l’appui, « d’aliénation parentale ». Peut-être y aurait-il eu lieu de déterminer si cette petite fille était aliénée, et si oui, à quel degré ; de déterminer si tel parent était ou pas aliénant, et si oui, à quel point ; de s’intéresser aux rôles de chacun des protagonistes (père, mère, enfant(s) – et autres figures parentales consécutives aux éventuelles reconfigurations familiales ; etc.

Qu’aurait-il alors fallu mettre en place ? Invitation à la médiation, thérapie familiale, expertise, guidance parentale éventuellement encadrée par la justice, ou encore modification radicale des modalités d’hébergement, condamnation, etc.

De telles perspectives d’intervention s’avèrent parfois incontournables face à des situations très conflictuelles. Elles s’intéressent souvent (même si pas exclusivement) à la personnalité des protagonistes, et aux relations entre eux.

Affiner le « diagnostic », et les réponses qui en découlent, ne sera pas l’objet de la présente formation. Il ne s’agit pas pour autant de nier les effets dévastateurs (pour l’enfant, mais aussi pour chacun des parents) des mécanismes qui mènent parfois à ce qu’un enfant dénigre de manière persistante et démesurée un parent, alors que les faits ne semblent pas justifier ce dénigrement (on ne parle donc pas ici de situations avérées d’abus, etc.), mécanismes qui aboutissent parfois à la rupture plus ou moins totale du lien entre ce parent et l’enfant.

Mais alors quel est l’objet de la présente formation ?

Une formation « pour s’y retrouver et agir »

Parallèlement à une compréhension de ce que l’on nomme fréquemment « (Syndrome d’) Aliénation Parentale » comme étant un phénomène lié à la personnalité des protagonistes, ou comme le fruit des relations entre eux, je propose, au travers de ces 3 journées de formation, de s’essayer à comprendre ce phénomène comme étant aussi le fruit d’un contexte, que l’on pourrait de manière métaphorique décrire comme une scène, des décors, une « mise en scène » ayant un impact sur le jeu des acteurs – que ceux-ci soient parents, enfants, professionnels …

À cette fin, au cours de la première journée, on pointera à l’aide d’illustrations et de supports visuels quelques décors quasi universels de la grande scène sur laquelle se jouent les mutations familiales dans les sociétés occidentales : superposition de modèles parentaux ; évolutions sociohistoriques majeures, et leurs implications sur le jeu des acteurs. Non pas pour déresponsabiliser les acteurs, qu’ils soient parents, enfants, ou professionnels, mais au contraire pour leur donner des points d’appui pour poser des choix plus conscients.

On verra ensuite en quoi cette scène contemporaine, imprégnée au travers de ses décors de diverses évolutions, sous-tend les situations dans lesquelles « un enfant dénigre l’un de ses parents de façon persistante, alors qu’une telle attitude ne trouve pas de justification dans les faits[1] ». On reviendra sur le concept (de syndrome) d’aliénation parentale et sur certains des débats parfois houleux qu’il suscite ; j’expliquerai notamment en quoi, sans remettre en cause l’existence du dénigrement et de ses effets dévastateurs, la construction-même du concept (de syndrome) d’aliénation parentale me paraît partiellement dépassée.

Au cours de la deuxième journée, l’on tentera de « déconstruire » deux ou trois situations étiquetées d’aliénation parentale, en s’appuyant sur les acquis de la première journée. Il s’agira en quelque sorte de démonter pièce par pièce et décor par décor les constructions et les interprétations qui se sont faites autour de ces situations.

Lors de la troisième journée, qui laissera la part belle à la pratique et aux échanges, l’on s’essayera à comprendre selon d’autres modèles d’interprétation et d’action ces mêmes situations (ou d’autres situations comparables), et l’on se risquera à les remettre en scène.

Notes de bas de page

[1] VAN GIJSEGHEM H., « L’aliénation parentale : points controversés », in L’aliénation parentale - Divorce et séparation  N° 3, juin 2005, Loverval, Labor, 2005, p 18.

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