Et pour 5000 Milliards de plus … ?

Et pour 5000 Milliards de plus ... ?

Il y a quelques jours, nous apprenions que le G20 allait injecter 5000 milliards de dollars ("dans l'économie mondiale") pour faire face à la crise du Coronavirus.

Espérons que les retombées bénéficieront, dès que possible (sur le plan sanitaire, économique, social), à ceux et celles qui sont les plus fragilisés par la pandémie - directement et indirectement.

Et d'autre part ... constatons qu'il n'a fallu que trois mois pour que le G20 décide d'injecter 5000 milliards de dollars, certes dans un contexte grave ...

Cela fait plus de 30 ans que nombre de scientifiques (et autres) alertent à propos de l'urgence et l'importance VITALES de lutter contre le réchauffement climatique, d'agir pour la protection de la nature, etc. Des priorités absolues.

A côté des drames humains que vivent bien trop de personnes et de familles aujourd'hui avec l'épidémie du Coronavirus, l'on constate qu'il n'a fallu que quelques semaines pour voir un effet de la réduction de la pollution, du fait du ralentissement de certaines productions et consommations. Avec de lourdes conséquences, bien sûr.

Faut-il nécessairement des catastrophes (médiatisables, touchant les pays riches, touchant l'économie et la finance) pour que l'amorce d'un changement profond soit possible ?

Pouvons-nous plaider pour que les prochains 5000 milliards de dollars soient consacrés au développement d'alternatives sociétales ? A la protection de la nature ? A la lutte contre le réchauffement climatique ?

Demain, après-demain, la crise du Coronavirus sera derrière nous. Il restera pour la plupart d'entre nous une perte. Une perte à consentir, à assumer - les riches plus que les pauvres.

Une perte qui ne pourra être réparée entièrement par aucun gouvernement,  assurance, ou tribunal. Parce que tôt ou tard, c'est ... nous qui paierons la facture.

Pas confortable d'écrire ces quelques mots, à l'époque où l'offre et la demande jonglent autour du "comment vivre mieux dans l'instant". A l'époque où règne le sentiment d'impuissance face au long terme, dont le devenir serait de la responsabilité du politique, de la politique, là-bas très loin de nous.

Et si notre défi, individuel et collectif, consistait à nous réapproprier cette vue à long terme ? D'assumer davantage et avec conscience les conséquences de nos choix et actes individuels, collectifs, sociétaux d'aujourd'hui sur le futur, dans un monde vivant que l'on sait "non extensible", limité ? De nous impliquer, plus que jamais, dans une vision politique ?

Parce que "lutter contre" un système (néolibéral, par exemple) ne suffit pas. Nous avons besoin "d'aller vers" d'autres perspectives, claires, fondées, suffisamment « théorisées », partageables collectivement, pour fédérer les changements.

Sans cela, le risque est grand que reprenne très bientôt "plus de la même chose" qu'avant, dans une tentative illusoire de « retour à la normale ». 

Un sacré défi pour le lever de soleil du « surlendemain » de la crise actuelle …

Bon confinement quand même !

Olivier Limet, 31/03/2020

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