Du parent ’suffisamment bon’ à la checklist du parent parfait – Intervention à Ste-Adèle, Québec
Intervention d’Olivier Limet à Ste-Adèle, au Québec, dans le cadre du sixième colloque de l’AIFI « LES COMPÉTENCES DES PARENTS ET LES FAMILLES SÉPARÉES ». Lire l’article publié en lien avec cette intervention Les compétences parentales, a priori supposées suffisantes dans les familles dites « unies », peuvent, dans le cadre de séparations parentales ou de reconfigurations […]
L’enfant doit-il être entendu par le juge dans les séparations parentales débattues en justice ?
En amont de la détermination des modalités pratiques d’une éventuelle audition de l’enfant par le juge lors de la séparation de ses parents, portée en justice, il y a lieu d’aborder le questionnement politique, et éthique qui, en Belgique, reste en cette année 2011 à l’ordre du jour alors que se dessine la probable mise en place d’un tribunal de la famille : faut-il entendre l’enfant en justice, ou plus précisément, faut-il inviter systématiquement l’enfant à être entendu par le juge dans les séparations parentales débattues en justice ?
Cette question renvoie aux « droits de l’enfant » – formés de droits à vocation d’autonomie et d’émancipation d’une part, et de droits à vocation de protection d’autre part – tels que formalisés le 20 novembre 1989 par la Convention des droits de l’enfant (CDE). On l’aura compris, l’emplacement du curseur des droits de l’enfant sur l’axe autonomie-protection ne fait pas l’unanimité, et c’est notamment le cas en ce qui concerne la place de la parole de l’enfant en justice dans les débats qui opposent ses parents à propos des modalités de son hébergement. Y a-t-il lieu de permettre à l’enfant de participer davantage à l’élaboration de la décision dont il sera le premier destinataire, notamment en lui donnant la parole devant le juge, garantissant « à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité » ? Ou au contraire, y a-t-il lieu de protéger l’enfant, tout intelligent et autonome qu’il puisse être, des effets négatifs ou pervers de son audition par le juge ?